Présentation
Biographie
Artiste, Photographe autodidacte, Vit et travaille à Boulogne-Billancourt.
Né à Cherbourg en 1963. Premières photos en 1975.
Vingt premières années à Cherbourg, puis à Caen et Paris.
Travaille comme Régisseur, assistant de production et assistant réalisateur dans la production audiovisuelle et cinématographique (publicité, institutionnel, clip, long-métrage).
De 1995 à 2000: Série de photos intitulée "les invalides" (noir et blanc) .
De 1996 à ce jour: série de collages intitulée "Des agréments" (d'après tirages argentiques couleurs) et autres détournements d'images.
Travaille depuis 2002 comme Menuisier à Paris.
Parution:
Quotidien "Libération".
Expositions:
2000: "Vous n'y êtes pas", à la station Invalides du métro Parisien.
Juin 2004: Ateliers d'artistes de St Cloud.
mars 2006: "Coeur sur la ville", Galerie "la loge de la concierge", pour le printemps des poètes, Paris.
Mai 2006: "travaux sur papier", Galerie Espace Area, Caen.
Juin 2006: Bar l'escalier, Paris.
Juin-sep. 2006: "Grande braderie de bonheur", Galerie Michèle Sauvalle, Paris.
Des-Agréments et les Invalides
A l'occasion de l' exposition "coeur sur la ville", May Livory qui m'accueillait dans sa galerie, m'a demandé de rédiger un texte pour présenter mon travail et y orienter le visiteur. Cela supposait que je n'y étais pas moi-même tout à fait étranger ou perdu, c'était cependant le cas mais je n'en ai rien dit et j'ai obtempéré! Si j'y voyais quand même un peu plus clair dans ce que j'avais accompli, ma difficulté d'en dire quelque chose demeurait. Une formule (très heureuse) m'a alors aidé: "Au delà de l'image, un réel en jeu, impossible à dire". Cela énonçait bien ma difficulté, la substance de ce qui m'avait animé et la minutie monumentale de ce qui avait fini par devenir, à mon insu, un travail. J' ai pu prolonger cette formule de quelques mots qui m'ont permis de cerner un peu mieux cet "impossible à dire" et raconter un peu de l'histoire de ce que j'avais accroché aux murs:
En 1994, dans ma ville natale, j'ai rencontré une affiche de publicité pour un magasin de bricolage qui annonçait: "il y a du bonheur dans l'air". L'annonce produisit un grand choc sur moi et la nécessité se fit impérieuse de photographier ce bouleversement majeur! Exilé à Paris, j'ai commencé à fixer "la promesse de bonheur" partout où je la croisais sur mon chemin. Ce n'est pas ce qui manqua: les promesses de bonheur inondent les murs de nos villes, même les cieux de nos campagnes. En effet, de ce côté là, il y en a qui ne manquent pas d'air: de son injonction au bonheur, la publicité presse de plus en plus les regards, voire les harcèle. Pendant ce temps la société semble témoigner de plus en plus de son dysfonctionnement, de ses souffrances, et du "malaise dans la civilisation". J'ai photographié la promesse de bonheur avec rage et frénésie, de manière obsessionnelle pendant plus ou moins cinq années, puis de moins en moins jusqu'à cesser complètement: Il faut bien préserver sa santé mentale!
Dans le même temps, parallèlement à mon activité de chasseur de promesse, j'ai sorti de leurs boites mes photos accumulées jusque là, je les regardais sous un jour nouveau. J'ai commencé à en défaire certaines: une entreprise de bricolage du sens!
Une destruction du sens comme pour mieux le souligner et en conclure qu'au coeur des échecs remarquables du bonheur et de la communication, Il est possible, avec désespoir et enthousiasme, de voir venir une vie qui s'invente et toujours, inévitablement, avec réussite !
Orientations - souscriptions:
"Le bonheur: agrément sans rupture du sujet à sa vie." Kant
"Pas de réponse, mot, dit quelque part La Fontaine. Le sens indique la direction vers laquelle il échoue."
Jacques Lacan, Le séminaire, Livre XX, Encore. P. 74. Edition du Seuil, le champ freudien
"Le cinéma, c'est la vérité 24 fois par seconde." Jean Luc Godard
"Il est vrai que j'ai toujours senti comme un privilège le fait d'être autorisé à dire ces contes ou ces épopées que j'aime tant. Mais je n'ai jamais pu goûter ce bonheur sans ressentir en même temps la crainte d'être infidèle à leur beauté, à cette beauté vraie, forte et lumineuse. Et lorsque je dis crainte, il s'agit bien de la crainte, de la peur, de la terreur d'être écarté de leur présence pour avoir été infidèle, pour avoir en quelque sorte menti, pour n'avoir pas tenu la parole dont ils ont besoin.
Les africains disent de quelqu'un qui sait une histoire qu'il se doit la raconter; s'il ne le fait pas elle le punit, s'il le fait mal elle le punit aussi. Voilà la situation où je me trouve."
(Bruno de la Salle, Le Conteur amoureux, P. 32, Editions Caterman)
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